En 2019, encourageons réellement les bonnes pratiques de mobilité durable

Alors qu’à l’échelle de la communauté métropolitaine de Montréal, le parc automobile croît deux fois plus vite que celui de la population, pourquoi ne pas instaurer en 2019 une série de mesures favorisant l’utilisation des transports alternatifs et remettre en question celles qui encouragent l’utilisation de l’auto-solo pour entamer du bon pied la nouvelle année?

Nous oublions trop souvent qu’une panoplie de pratiques quotidiennes contribuent à maintenir une culture auto-centrée. En voici quelques exemples :

  • remboursement du coût du stationnement à l’achat d’un produit chez un commerçant
  • remboursement du kilométrage en voiture par son employeur sans mesures équivalentes pour les transports collectifs, le vélo (usure du vélo)
  • arrêts du transport collectif loin des entrées alors que les stationnements se trouvent “à côté de la porte”
  • kiosques de démonstration/présentation de modèles de voitures dans les centres d’achats, dans les lieux culturels et même sur des rues piétonnes
  • publicité abondante d’autos sur le net, à la télévision, au cinéma et même dans les quotidiens disponibles dans le métro

Il est toutefois possible de renverser cette tendance.

Un premier pas consiste évidemment à prendre conscience des choix et gestes quotidiens posés par nous-même, nos compagnies/institutions/organismes et nos employeurs. Un gros travail de sensibilisation à poursuivre afin d’être collectivement convaincus de cette iniquité entre les modes de transport des personnes.

Un deuxième est de renverser la vapeur en instaurant prioritairement des incitatifs aux gestes axés vers la mobilité durable (transports collectifs et actifs de même que covoiturage).

Un troisième réside dans des mesures concrètes d’aménagement et de réglementation qui appuient dans le même sens.

S’il est difficile aujourd’hui de prévoir la mobilité à long terme, il n’en demeure pas moins qu’à court et moyen termes, nous pouvons infléchir notablement et inverser cette croissance inquiétante de l’auto-solo, qui paralyse les déplacements aux heures de pointe et s’accapare de gigantesques zones de stationnement, alors non disponibles pour des aménagements urbains de qualité et optimisés.

Avec les projets de transport collectifs sur la table, l’acquisition de nouveaux autobus électriques en cours, les efforts de la STM pour améliorer son attractivité, la volonté de l’opérateur de transport EXO (anciennement RTM) de mettre tout en place pour la mobilité durable dans la région métropolitaine, le dynamisme de l’organisme MOBA pour accompagner les organisations de l’île dans cette voie, la place de plus en plus grande faite aux piétons et cyclistes par l’administration municipale, la sensibilisation d’un nombre en pleine croissance de gens à la mobilité durable, c’est un bon moment pour accélérer le mouvement : Intégrer des avantages sociaux aux employés qui incluent la carte OPUS ; réserver des cases de stationnement préférentielles pour le covoiturage, offrir douches, vestiaires et stationnement sécuritaires pour les cyclistes ; réallouer les espaces de stationnement libérés pour en faire des espaces verdis et lieux de détente pour les personnes qui travaillent ou fréquentent ce lieu…

Les idées ne manquent pas. Alors, quel sera votre premier ou nouveau geste pour participer concrètement à la mobilité durable montréalaise?