STOP au projet de dépotoir de déchets nucléaires de Chalk River, trop inquiétant pour Montréal

Chalk River peut paraître géographiquement loin de Montréal, mais en termes de risque pour la préservation de la qualité de l’eau du fleuve, il n’en est rien.

Beaucoup de groupes de citoyens, d’organismes, incluant l’Association canadienne des médecins pour l’environnement (ACME), et de municipalités se sont mobilisés pour tirer la sonnette d’alarme. Souhaitons que le gouvernement fédéral l’entende.

Le conseil de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) a adopté à l’unanimité une résolution le 26 avril dernier s’opposant au projet de Chalk River, sous sa forme actuelle, compte tenu notamment de son impact potentiel sur les sources d’approvisionnement en eau potable du Grand Montréal.

« La CMM initie une démarche afin de s’opposer à ce projet d’aménagement de dépotoir nucléaire et entend travailler avec la Ville de Gatineau et l’Union des municipalités du Québec afin de développer une position commune qui sera ensuite transmise à la Commission canadienne de sûreté nucléaire », a déclaré la mairesse de Montréal et présidente de la CMM, madame Valérie Plante.

Parce que le risque est trop grand, personne ne devrait rester indifférent face à ce dossier. Espérons que l’Union des municipalité du Québec (UMQ) emboîtera le pas et pèsera de tout son poids pour que le Québec s’oppose à ce projet. À quelques mois des élections provinciales, il serait important que les partis politiques se positionnent clairement sur cet enjeu.

L’ACME nous rappelle ci-dessous les éléments importants de ce projet.

Les Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) ont proposé aux gouvernements du Canada, de l’Ontario, et à la Commission canadienne de sécurité nucléaire (CCSN) de construire un gigantesque dépotoir de déchets nucléaires à Chalk River en Ontario. Nous croyons qu’il faut absolument s’opposer à ce projet. Voici pourquoi.

Ce dépotoir de déchets radioactifs serait le plus grand jamais construit au monde. Il aurait une superficie de 11 hectares et 25 mètres de hauteur. Il contiendrait un million de mètres cubes de déchets radioactifs de faible et moyenne activité. S'il est approuvé, ce dépotoir serait créé sur les berges de la rivière des Outaouais aux LNC de Chalk River, à 100 km en amont d’Ottawa.

Le site proposé, pratiquement entouré d’eau, se trouve dans un marécage qui s'écoule vers de nombreuses municipalités du Québec et de l'Ontario. Les fuites provenant de cette installation pourraient contaminer de façon importante l'eau potable en aval. D’ailleurs, dans le projet proposé, la surface du site sera constamment exposée à la pluie et à la neige jusqu’en 2070, date de la fermeture prévue. On prévoit que l’eau qui y en ruissellera sera partiellement récupérée et renvoyée dans le dépotoir, mais le tritium sera libéré dans la rivière. Il est pertinent de souligner que tous les projets d’enfouissement de tels déchets actuellement sont conçus dans des régions désertiques, avec sarcophage de béton autour des déchets. C’est évidemment loin d’être le cas à Chalk River.

Le site de Chalk River est situé dans la zone sismique de l'ouest du Québec. Selon Ressources naturelles Canada, un petit tremblement de terre survient à tous les cinq jours en moyenne dans cette zone. Le plus grand de ces séismes peut avoir une magnitude de 6 sur l'échelle de Richter. Dans les années 1990, les élus de 50 municipalités québécoises et ontariennes avaient adopté des résolutions contre un projet de stockage des déchets radioactifs à Chalk River en raison de ces caractéristiques.

En plus des déchets accumulés pendant plus de 50 ans d'exploitation des laboratoires nucléaires de Chalk River (débris de démolition, sols contaminés, déchets entreposés), des déchets radioactifs pourraient être transportés de partout à travers le Canada vers ce site. Les déchets dits «mixtes» (qui peuvent inclure des BPC, de l'arsenic et du mercure) pourraient également être stockés dans cette installation.

Les déchets radioactifs seraient entreposés au-dessus de deux revêtements en plastique comme ceux utilisés dans les dépotoirs municipaux. Ces « géomembranes » ne sont pas étanches. Les causes de fuites pourraient être nombreuses et liées à une installation incorrecte, une détérioration physique, des perforations par des objets tranchants ou lourds, une détérioration chimique, l'activité sismique, les inondations ou le sabotage. D’ailleurs l’entreposage est si superficiel que l’on pourra avoir accès aux déchets au moyen d’une simple pelle (voir graphique).

Le dépotoir proposé à une durée de vie de 50 ans, tandis que les déchets radioactifs de moyenne activité restent radioactifs pour des dizaines de milliers d’années. Durant la période de 50 ans et plus, les déchets seraient donc exposés à la pluie et la neige. L'échec ou un bris de fonctionnement de la station d'épuration proposée pourrait entraîner une contamination rapide de la rivière des Outaouais. On prévoit remplir ce dépotoir jusqu’en 2070, mais on précise aussi que toute activité de surveillance cessera dès 2010, ce qui est un non-sens lorsque l’on sait que la radioactivité sur ce site durera pendant des milliers d’années. Il faut souligner ici que le consortium est arrivé à la solution actuelle, car il estimait que toutes les autres solutions plus sécuritaires coûteraient des dizaines voire des centaines de fois plus chères.

En résumé, il est demandé l’annulation pure et simple du projet qui doit être repensé de fond en comble. Il est certainement préférable de les stocker de façon temporaire plutôt que d’avoir l’illusion de les enfouir de façon sécuritaire pour les siècles à venir.  

Pour plus d’informations sur ce projet, vous pouvez aussi consulter le site suivant : ccnr@web.ca