Pour une meilleure qualité de l’air en hiver

Le règlement sur l'utilisation des poêles et foyers au bois de la Ville de Montréal entre en vigueur le 1er octobre 2018. Une bonne nouvelle!

La qualité de l’air concerne tout le monde puisque c’est une question de santé publique. Or, même si les émissions de gaz à effet de serre sont relativement minimes (en 2009, 7 % des émissions des GES du secteur résidentiel par le chauffage au bois alors que ce secteur représente 9% des émissions totales), le chauffage au bois émet de nombreuses particules polluantes dans l’atmosphère (et même à l’intérieur des résidences). Moins le système est performant, plus il pollue. Les quelque 85000 appareils sur l’île de Montréal sont responsables d’une bonne part de la mauvaise qualité de l’air hivernale dans les quartiers résidentiels.

Les foyers émettent des particules fines qui réduisent la qualité de l'air et qui sont cancérigènes, d'après l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les microparticules sont tellement petites qu’elles se logent profondément dans les poumons. Les enfants, les personnes souffrant de maladies pulmonaires chroniques et les personnes âgées sont les plus vulnérables.

La pollution émise par la majorité des poêles à bois et des foyers en termes de particules fines est équivalente à 18 000 km parcourus par une voiture, en 9 heures de fonctionnement pour un appareil .

Ce règlement va permettre d’éliminer l’usage des systèmes de chauffage au bois les plus polluants et donc directement participer à l’amélioration de la qualité de l’air dans les quartiers résidentiels de Montréal en hiver. Bien sûr, cela n’exclut pas, loin de là, qu’il faut toujours agir sur les autres sources importantes de pollution atmosphérique (transport routier et industries).

Le CRE-Montréal impliqué depuis une décennie

À la lecture des bilans annuels de la qualité de l’air de Montréal et des liens entre mauvaise qualité de l’air et chauffage au bois démontrés par le milieu de la santé, notre organisme a décidé de s’impliquer dans ce dossier. Nous avons fait des démarches auprès des éluEs de l’administration municipale de l’époque pour demander une réglementation. Nous avons même publié une pleine page dans le journal Le Devoir une caricature accompagnée d’un texte explicatif sur l’enjeu avec plusieurs organisations. En même temps, nous avons interpellé le gouvernement du Québec pour légiférer sur les poêles à bois en vente dans la province.

Bien sûr nous avons été actifs lors des différentes consultations qui s’en sont suivies, tant au niveau municipal que provincial. Tous nos mémoires et interventions publiques sont disponible sur notre site web cremtl.qc.ca/qualite-lair et sur notre ligne du temps «Montréal au fil du temps» .

Étape 1 : on empêche le problème de s’aggraver

En avril 2009, la Ville de Montréal a adopté un premier règlement, le Règlement relatif aux appareils à combustibles solides (09-012), visant à interdire l'installation d'appareil non certifiés et consommant tout autre combustible que les granules de bois, le gaz et le propane.

En septembre 2009, le Règlement sur les appareils de chauffage au bois interdit au Québec la fabrication, la vente et la distribution d’appareils de chauffage au bois non conformes aux normes environnementales de l’Association canadienne de normalisation ou de l’United States Environmental Protection Agency.

Étape 2 : on sensibilise et on aide à changer d’appareil

Nous avons par la suite continué nos démarches pour que de nouveaux outils réglementaires et un programme d’aide aux citoyens viennent régler le problème de la pollution existante. Des progrès ont été faits notamment avec le programme de retrait ou de remplacement d’appareils de chauffage au bois sur l’île de Montréal mis en place par le Ministère de l’environnement du Québec en 2011.

Étape 3 : on légifère sur les appareils existants

Des consultations publiques, tenues en 2014 par la Commission permanente sur l’eau, l’environnement, le développement durable et les grands parcs de la ville de Montréal, sur un projet de Règlement concernant les appareils et les foyers permettant l’utilisation d’un combustible solide, ont conduit à l’adoption par la ville de Montréal (septembre 2015) à un deuxième règlement pour les systèmes existants, celui qui entre en vigueur cette année.

L’air n’a pas de frontière

Si vous habitez dans un arrondissement de Montréal proche d’une municipalité qui ne légifère pas, votre gain en termes d’amélioration de la qualité de l’air sera moindre. C’est pourquoi nous demandons que toutes les villes de l’agglomération de Montréal adoptent un règlement similaire. Il faudrait aussi que toutes les zones urbaines du Québec emboîtent le pas. En milieu isolé, la problématique est moins grande puisque la densité d’habitation est plus faible. Toutefois, dans certaines petites municipalités, l’usage intense de poêles à bois pas ou peu performants (notamment en période de grand froid et les fins de semaine) entraine quand même des épisodes de pollution atmosphériques locaux. Quand cela sent fort le bois brûlé, c’est que le taux de microparticules issues de la combustion du bois est élevé.

Le plaisir d’un feu de bois est partagé par un très grand nombre de personnes, c’est inscrit dans notre histoire. Toutefois, à la lumière des impacts négatifs directs sur la santé, on doit comprendre que la responsabilité est partagée entre tous les citoyenNEs. Chaque personne doit faire sa part ; c’est le but du règlement et cela fait partie du «bien vivre ensemble».