La Politique de mobilité durable 2018-2030: un virage attendu, des cibles élevées, une réussite reposant sur un effort collectif

Ce texte a été écrit dans la foulée de l'annonce de la Politique de mobilité durable 2018-2030 par le gouvernement du Québec le mercredi 18 avril 2018.

Malheureusement, à peine 72 heures après son lancement, le 20 avril, le gouvernement annonçait en conférence de presse le prolongement de l'autoroute 19 entre les autoroutes 440 à Laval et 640 à Bois-des-Filion. Prolongement que les organismes environnementaux avaient décrié sur le projet en 2015. Le BAPE de son côté avait clairement recommandé au gouvernement d’étudier le scénario alternatif d’un boulevard urbain, ce qu’il n’a jamais fait.

L'annonce du prolongement et l'octroi de 600 M$ pour le réaliser, sans avoir même considéré d'autres manières de déplacer les personnes aux heures de pointe, jette un sérieux ombrage sur la Politique.

 Nous avons toutefois décidé de laisser le texte pour montrer l'enthousiasme qui était le nôtre mercredi 18 avril.

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La Politique de mobilité durable (PMD), lancée le mardi 17 avril par le ministre Fortin et le premier ministre Philippe Couillard, pave la voie vers une nouvelle ère de mobilité durable. Avec des investissements de près de 3 milliards de dollars, la PMD prévoit consacrer une large partie des sommes aux transports collectifs et actifs.

Si les cibles sont jugées ambitieuses, les défis sont également grands pour notre métropole qui pâtit du retard accusé jusqu’à maintenant par la province dans ses investissements dans les transports collectifs. Ce virage arrive donc à point nommé.

Des cibles ambitieuses : les cibles 1, 3, 4 et 6 des 10 cibles du Plan 2018-2023 de la Politique de mobilité durable 2030

  • 70 % de la population québécoise a accès à au moins quatre services de mobilité durable
  • Réduction de 25 % du nombre d’accidents mortels et avec blessées graves par rapport à 2017
  • Diminution de 20 % de la part des déplacements effectués en auto solo à l’échelle nationale
  • Réduction de 37,5 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le secteur des transports sous le niveau de 1990

Une politique vraiment intégrée

Remplaçant la Politique sur le transport collectif datant de 2006, la PMD prend cette fois-ci son ancrage dans la mobilité durable : un concept englobant à la fois le transport, les habitudes de vie et l’aménagement du territoire. En outre,  on prévoit enfin une planification intégrée de l’aménagement du territoire et du transport, qui est abordé et décliné sous toutes ses formes : du bateau, à l’auto-partage en passant par le transport collectif, le train, la marche et le vélo.

Un engagement de l’ensemble des acteurs : un appel au partenariat, à la concertation ainsi qu’au partage d’expertise

Un des aspects innovants de la Politique est sans contredit le fait qu’elle a été construite avec un comité d’expert et qu’elle interpelle un réseau élargi d’acteurs afin qu’ils prennent part à la mise en œuvre de ces intentions. Comme on peut le lire en page 41 : « La Politique entend stimuler les échanges en vue de favoriser la mise en place de partenariats durables et souples entre le gouvernement, le milieu municipal, les Autochtones et les membres de la société civile pour bonifier la vision et l’organisation des transports au sein des régions ».

Des intentions à l’action; le travail ne fait que commencer!

En engageant les acteurs de tous les secteurs de la société et en déployant un éventail de réponses adaptées à la diversité des contextes urbains, la réussite de cette Politique reposera bien entendu sur les programmes qui permettront de mener à bien des actions concrètes, mais également sur l’engagement de l’ensemble des acteurs municipaux, communautaires, privés et des sociétés de transport.

Le virage ne fait que commencer, à nous de suivre son développement et d’y prendre part activement.

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