Changements climatiques : Le temps est à l’action

Le 8 octobre dernier, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) a dévoilé son rapport spécial sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C. Le document souligne en particulier comment une différence de réchauffement de 0,5 °C  (2 °C au lieu de 1,5 °C) pourrait avoir des impacts majeurs tant en matière de santé des populations (vagues de chaleur, inondations) que de celle des écosystèmes (perte importante de biodiversité). Pour le GIEC, la balle est maintenant dans le camp des décideurs, mais aussi de l’ensemble de la collectivité. Les prochaines années étant cruciales.

Le rapport du GIEC est publié tandis qu’un nouveau gouvernement s’installe à Québec pour les quatre prochaines années. Alors que l’environnement et la lutte aux changements climatiques ont été les parents pauvres de la campagne électorale, le gouvernement provincial va devoir mettre les bouchées double et faire des enjeux climatiques une priorité. Un travail concerté devra être mené avec les différents paliers de gouvernement (du municipal au fédéral) afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et de mettre en place les mesures d’adaptation nécessaires.

Quelques semaines avant les élections, le CRE-Montréal a identifié les enjeux et dossiers environnementaux à l’échelle métropolitaine auxquels devra s’atteler le gouvernement au cours de son mandat, et a envoyé le guide « Élections provinciales 2018 : Les recommandations du CRE-Montréal pour l’île de Montréal dans une perspective métropolitaine » aux quatre partis qui avaient déjà des représentants à l’Assemblée nationale.

Au niveau de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, un effort important devra être fait au niveau du transport à la fois des personnes et des marchandises. La Politique de mobilité durable dévoilée au printemps constitue une base solide pour les futures actions du gouvernement. Le travail devra se faire à plusieurs niveaux :

  • Concrétiser les projets de transport collectif (ligne bleue, SRB Pie IX) déjà annoncés maintes fois
  • Soutenir le développement d’un réseau de transport collectif efficace sur l’ensemble de l’île de Montréal, ce qui passe par un financement adéquat ainsi que le développement de nouveaux projets afin d’assurer la multimodalité et l’intermodalité des options de transport

Le gouvernement devra également être cohérent dans la planification des grands projets d’infrastructures prévus pour les prochaines années : échangeur Saint-Pierre, autoroute 40, rue Notre-Dame Est. La mobilité durable, le verdissement et la réduction des fractures urbaines devront occuper une place importante dès le début des réflexions de chacun de ces grands chantiers métropolitains.   

Outre le transport, un soutien accru devra être apporté aux projets d’envergure visant la réduction des GES. On peut penser à l’élimination de l’utilisation du mazout pour le chauffage résidentiel, aux mesures favorisant les pratiques durables dans la construction. Le temps des projets pilote est révolu et il est maintenant venu le moment de généraliser les meilleures pratiques.

L’adaptation aux changements climatiques devra également être au cœur des actions du gouvernement. Les nombreux bienfaits que nous apportent les infrastructures vertes autant en termes de santé publique, de gestion des inondations, de consolidation de la biodiversité sont autant d’arguments pour assurer leur déploiement de mesures concrètes. Il faudra agir rapidement entres autres sur la protection des espaces verts et des milieux naturels encore existants, le soutien aux projets de lutte aux îlots de chaleur, la gestion durable des eaux pluviales, la résurgence des cours d’eaux urbains.

D’ailleurs, ces éléments et bien d’autres seront au cœur des travaux de l’Agora métropolitaine organisée par la Communauté métropolitaine de Montréal, les 18 et 19 octobre. Cet événement représente une belle occasion de travailler collectivement à la mise en œuvre de mesures afin d’atteindre les objectifs du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD).

Le signal envoyé par le GIEC est clair, c’est maintenant ou jamais qu’il faut passer à l’action!