Mieux gérer les matières résiduelles dans la santé

Entrevue avec Jérôme Ribesse, directeur général de Synergie Santé Environnement, un OBNL créé en 2006 dont la mission consiste à accompagner les établissements de santé et de services sociaux à réduire leurs impacts sur l’environnement en appliquant les principes de santé environnementale et de développement durable.

Vous venez d'organiser un événement dédié à la gestion des matières résiduelles dans le domaine de la santé. Quels en étaient les objectifs et à qui l'adressiez-vous ?

Pour souligner le dixième anniversaire de SSE, nous avons décidé d’offrir à nos adhérents et partenaires un espace de réflexion sur la gestion des matières résiduelles dans les établissements de santé et de services sociaux. Cette journée a eu lieu dans le cadre de l’assemblée générale annuelle de l’organisme, le 26 octobre dernier, au centre de recherche de l’Institut de gériatrie de Montréal.

Après une allocution de Dany Michaud, PDG de Recyc-Québec, et une présentation de Marthe Beaumont (Recyc-Québec) qui a dressé le portrait de la gestion des matières résiduelles au Québec et fait le point sur les défis et opportunités des établissements de santé et de services sociaux, Marc Beauchemin du ministère de la santé et des services sociaux (MSSS) a présenté le guide de gestion des matières résiduelles du MSSS et des technologies innovantes pour réduire certains impacts environnementaux liés à la gestion des matières résiduelles du réseau de la santé et des services sociaux. La matinée s’est terminée par une présentation de FCM Recyclage et des services de récupération/recyclage de produits électroniques qu’ils offrent dans le cadre de la responsabilité élargie des producteurs.

L’après-midi, François Lemoyne, DG de SigmaSanté, le groupe d’achat des établissements de Montréal et de Laval, a animé une table ronde autour de deux sujets phares : le recyclage des résidus alimentaires et le retraitement des dispositifs médicaux à usage unique. Dans les deux cas, des représentants d’établissements pionniers, les CIUSSS du Nord de l’île de Montréal et de l’Ouest de l’île de Montréal, ayant mis en place ces solutions, ont pu illustrer les opportunités et les difficultés qu’ils ont rencontrées.

Une cinquantaine de personnes représentants des établissements de santé et de services sociaux, le groupe d’achat en commun SigmaSanté, RECYC-QUÉBEC, le MSSS, le syndicat APTS, l’université de Sherbrooke, des entreprises d’économie sociale, des fournisseurs de produits, mais également des récupérateurs et conditionneurs de matières résiduelles, se sont joints à l’équipe de SSE pour faire de cette journée un succès.

Outre la volonté d’offrir à nos adhérents et à nos partenaires un espace de réflexion ponctuel pour leur permettre d’échanger sur la gestion des matières résiduelles, nos objectifs étaient de présenter aux établissements présents des exemples concrets de meilleures pratiques tant en termes de recyclage que de réduction à la source.

Quels constats ou pistes d'actions en est-il sorti ?

Le constat majeur découlant de cet événement est que la gestion des matières résiduelles dans les établissements de santé et de services sociaux, bien que complexe est tout à fait réaliste, pour permettre aux établissements d’être en accord avec les objectifs du plan d’action 2011-2015 de la politique québécoise de gestion des matières résiduelles. Quelques pistes d’actions identifiées :

  • SSE et Recyc-Québec ont mis sur pied un groupe de travail en GMR, regroupant des représentants d’une dizaine d’établissements, et sont en train de développer différents outils, dont un guide pratique pour guider les établissements dans la mise en place d’actions concrètes en 3RV, des fiches détaillées pour chaque matière résiduelle générée par les établissements de santé et de services sociaux, ainsi que des études de cas illustrant des solutions concrètes mise en œuvre dans des établissements québécois.
  • SSE et Recyc-Québec sont également en train de mener un projet avec 5 hôpitaux visant à les doter de systèmes de récupération fonctionnels des plastiques « médicaux ». À terme, ce projet permettra d’élaborer un guide spécifique guidant les établissements de toute la province dans la mise en place d’un système de récupération des nombreux plastiques générés par leurs activités.
  • Travailler avec les groupes d’achats pour identifier des critères d’appel d’offres visant, par exemple, la reprise de contenants par les fournisseurs ou la réduction du volume des emballages.
  • Mettre en place des plateaux de travail en réinsertion socio-professionnelle à l’intérieur des établissements pour trier à la source certaines matières recyclables et assurer l’obtention de redevances.

Quelles sont les suites que vous comptez donner à cet événement ?

Les représentants des établissements de santé et de services sociaux présents nous ont encouragés à renouveler ce genre d’événements sur d’autres sujets liés à la mise en œuvre de solutions favorisant la santé environnementale et un développement durable des pratiques des établissements de santé et de services sociaux.

Nous sommes dès lors en train de planifier une seconde journée de réflexion qui aura lieu au printemps 2018 sur un sujet encore à déterminer.