L’échangeur Saint-Pierre: une frontière urbaine à reconfigurer

L’échangeur Saint-Pierre est un entremêlement d’autoroutes dans un milieu habité, dont l'avenir est au niveau du Ministère des Transports en questionnement actuellement. Cette infrastructure enclave le quartier Saint-Pierre, qui ne dispose que de quatre points d’accès et de sortie et qui est donc peu propice aux déplacements à pied et à vélo.La population, déjà défavorisée au point de vue socioéconomique, se voit limitée dans son accès aux secteurs d’emplois de Lachine et de LaSalle ainsi que dans l’accès au parc du Canal de Lachine. Le secteur est particulièrement dangereux, notamment avec les discontinuités de trottoirs, les temps de traverses insuffisants et le réseau cyclable insuffisamment développé et protégé. Le CRE-Montréal s’alliait d’ailleurs à différents groupes pour que la Ville de Montréal sécurise la portion du secteur qui est sous sa responsabilité et qui a compté un nouveau décès d’une piétonne aînée cet automne. (lire le communiqué)

Les besoins de transit pour les personnes et les marchandises sont réels, notamment parce que l’échangeur Saint-Pierre est à la jonction de l’autoroute 20, qui relie le centre-ville à l’aéroport ainsi que de la route 138, qui relie l’île de Montréal au pont Honoré-Mercier. Cependant, le droit à la qualité de vie des résidents du secteur doit aussi être pris en compte, pour ce qui est des infrastructures de transports actif mais aussi pour diminuer les impacts de l’autoroute que sont le bruit et la pollution de l’air. Pour prioriser une reconstruction de l’infrastructure qui permette de mieux tenir compte du besoin des populations locales, la RUI Saint-Pierre mobilise depuis de nombreuses semaines les  citoyens et experts. Le CRE-Montréal a d’ailleurs pris part à un des panels qui servira à compiler les arguments pour une vision durable du secteur.

L'échangeur Saint-Pierre est situé juste à l’ouest de Turcot, qui constitue quant à lui le plus grand chantier de transport au Canada et qui n’a jamais pris les besoins locaux assez en compte. Les craintes étaient légitimes de voir le Ministère imposer à nouveau une vision autoroutière classique. Cependant, la démarche de consultation tout juste amorcée par le Ministère des Transports pour l’échangeur Saint-Pierre semble ouvrir la porte à une réelle écoute des besoins des différentes parties prenantes, incluant les organismes de la société civile locaux et régionaux. La consultation se situe en amont du processus de décision, ce qui permet d’espérer des choix qui tiennent compte du milieu.

Au cours des prochains mois, le CRE-Montréal et ses partenaires, que sont notamment le GRAME et la RUI Saint-Pierre, s’impliqueront pour demander à limiter l’impact du transit pendant les travaux de construction et pour encourager une reconstruction de l’échangeur qui fasse plus de place à l’humain et à la sécurité des déplacements en transport actif.