L’administration municipale, des moyens importants pour améliorer l’environnement, du local au régional

 

En tant qu’instance régionale de concertation en matière d’environnement et de développement durable, le CRE-Montréal a le souci constant de consulter et discuter avec ses membres et partenaires afin de favoriser le développement durable de l’île de Montréal. Dans le cadre des élections municipales qui se déroulent actuellement, nous avons cru bon prendre le pouls de la collectivité montréalaise quant aux enjeux environnementaux majeurs pour la métropole.

Au cours de l’été 2017, nous avons donc mené une consultation citoyenne en faisant appel à notre réseau. Les quelque 250 réponses recueillies ont nourri nos réflexions déjà bien entamées et nous ont permis de cibler une trentaine de dossiers incontournables pour l’île de Montréal.

Présentés lors d’un événement public le 17 octobre 2017, nos recommandations mettent l’accent sur des enjeux spécifiques et ciblent des actions précises que nous considérons réalisables dans le cadre du mandat de l’administration municipale entre 2017 et 2021 afin de faire progresser les dossiers ciblés. Certains des éléments mentionnés ne demandent pas d’investissement, mais exigent plutôt que des décisions politiques soient prises. D’autres nécessiteront l’allocation de sommes suffisantes à leur réalisation.

Dès le 5 novembre prochain, les élus auront donc un rôle capital dans l’avancement de ces dossiers, mais surtout dans la poursuite d’un développement durable cohérent de la métropole. Le ou la mairesse de Montréal deviendra par le fait-même président ou présidente de l’agglomération de Montréal (16 villes) et de la Communauté métropolitaine de Montréal (82 municipalités). Cette personne, avec tous les autres éluEs, aura donc un rôle clé tant à l’échelle locale que régionale.

 

Sur le plan régional

De par la très grande diversité des contextes municipaux, tant par la taille des municipalités que par leurs types d’aménagement, les modes de transport privilégiés par leurs populations et leurs secteurs d’activités, la personne qui prendra les rênes de Montréal devra trouver des consensus métropolitains en cohérence avec les principes du développement durable. Elle devra défendre le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD), un document essentiel, notamment parce qu’il établit le périmètre d’urbanisation, préserve les terres agricoles, vise des objectifs ambitieux de préservation de milieux naturels et de reboisement, et mise en priorité sur le transport collectif. Il lui faudra être ferme à ces égards, sans quoi toute la région s’en mordra les doigts pendant longtemps. La CMM détient aussi la responsabilité des règlements sur les normes de rejets d’eaux usées par les industries et celui sur la qualité de l’air. Pour le premier, l’enjeu est l’application uniforme aux 82 municipalités et pour le deuxième, il réside dans le fait de s’en prévaloir, car pour le moment seule l’île de Montréal applique son propre règlement alors que toutes les autres municipalités relèvent du règlement provincial. Le principe du «deux poids deux mesures» s’applique malheureusement à ce niveau.  

 

Au niveau de l’agglomération, soit l’île de Montréal avec ses 16 villes incluant Montréal, il est parfois difficile de savoir pour la population en général ce qui, en termes de plans, politiques et règlements, relève de son Conseil ou ne concerne qu’une des entités qui la composent. Pourtant, les enjeux en général dépassent le territoire municipal. Pour que les solutions mises en oeuvre localement aient leur plein impact, il est essentiel de les arrimer avec celles des voisins et donc d’élargir le territoire d’intervention.

C’est le cas…

En transport avec le déploiement des transports collectifs, les mesures de gestion du stationnement, la planification et la sécurisation des déplacements en vélo, la gestion de la circulation de transit dans les quartiers résidentiels.

En gestion des matières résiduelles, avec l’atteinte des objectifs de détournement de l’enfouissement et avec l’approvisionnement en matières compostables aux futures infrastructures de traitement.

En accès suffisants à la nature (vert et bleu) pour l’ensemble de la population.

En termes de qualité de l’air qui n’a pas de frontière, avec entre autres la réglementation concernant le chauffage au bois.

En termes de qualité de l’eau des cours d’eau, notamment avec les mesures pour limiter les surverses (donc la pollution aquatique).

En revitalisation des terrains contaminés pour une consolidation et une densification du tissu urbain.

 

Sur le plan local

L’enjeu de la qualité de vie est tout désigné à l’échelle des quartiers et est intimement lié à la qualité de l’environnement, elle-même en lien direct avec la santé publique. C’est le niveau qui permet d’agir rapidement pour régler des situations problématiques, comme des intersections ou secteurs dangereux pour les gens à pied ou à vélo et comme des îlots de chaleur. Le quartier, la ville ou l’arrondissement sont aussi des lieux de prédilection pour améliorer et rendre plus convivial par des interventions ciblées, comme le verdissement, l’élargissement de trottoirs, la création de nouvelles places publiques et de promenades urbaines, des initiatives d’agriculture urbaine.

 

Un rôle donc primordial des éluEs municipaux dans le développement durable

Les éluEs sont aux premières loges du débat sur l’avenir de nos rues, de nos milieux de vie et de notre métropole. Les défis climatiques exigent d’agir de l’échelle locale à celle plus globale et en cela, les décideurs à l’échelle municipale jouent un rôle déterminant. Les défis environnementaux, et plus largement de développement durable, sont aussi ceux d’une ville plus humaine prenant à coeur l’équité sociale et territoriale. Avec des lieux privilégiés de consultation comme l’office de consultation publique de Montréal et toutes les organisations communautaires locales (comme les organismes porteurs des tables de quartier et des éco-quartiers), l’île de Montréal est riche en termes de démocratie locale. Les éluEs municipaux ont le privilège de bénéficier de toutes ces voix de la société civile, qui doivent être sources d’inspiration pour les actions que ces décideurs locaux doivent prendre.

Nous encourageons donc nos membres et partenaires à inciter les candidatEs aux élections du 5 novembre prochain à s’engager à poser des gestes en développement durable, s’ils ou elles sont éluEs. Bien sûr, il faudra continuer ce travail avec la prochaine administration tout au long des quatre prochaines années.

C’est bien sûr ce que nous comptons faire. Organisme non partisan, au lendemain des élections, nous serons prêts à poursuivre notre collaboration avec la nouvelle administration afin de favoriser le développement durable de l’île de Montréal.