Après Toronto, la région métropolitaine peut rêver à son parc national urbain

Parc national urbain de la Rouge à Toronto

La semaine dernière, nous avons eu l’occasion d’en apprendre plus sur le parc urbain national de la Rouge, en Ontario. Au cours de la conférence organisée par le CRE-Montréal, les représentants de Parcs Canada ont partagé les principales étapes, les défis et les succès qui ont jalonné la création de ce premier parc urbain national au Canada.

De nombreux éléments présentés viennent appuyer l’idée qu’à son tour la région métropolitaine doit se doter d’un parc national urbain. Nous avons une formidable occasion d’offrir à l’ensemble de la population du Grand Montréal un accès à la nature à la hauteur de ses besoins. À Toronto, 20% de la population canadienne habite à moins d’une heure du parc de la Rouge. Le parallèle est évident avec la concentration importante de population dans la Grande région métropolitaine (environ la moitié du Québec).

Plusieurs similitudes existent entre le parc de la Rouge et les territoires situés dans l’ouest de la région métropolitaine : une diversité de l’occupation du territoire avec la présence de terres agricoles, de secteurs résidentiels, de parcs et de zones naturelles déjà protégées. Cette mosaïque d’usages a conduit le gouvernement fédéral à adopter une loi spécifique pour le parc national urbain de la Rouge.

Pour la région métropolitaine, la création d’un parc de grande taille appuierait les efforts en vue d’atteindre les objectifs de conservation et de protection du territoire que la CMM, dans le cadre de son Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD), s’est donnés en 2012 : 17% d’aires protégées et 30% de superficies boisées. C’est également pour les municipalités, le moment d’assurer la protection d’espaces naturels privés, pensons par exemple au secteur de Pierrefonds-Ouest à Montréal.

Bien entendu, une telle démarche prend du temps. Pour la Rouge, tout a commencé dans les années 1980, lorsqu’un groupe de citoyens s’est mobilisé pour la conservation de la vallée de la Rouge. Dès 1995, une partie du territoire devient alors un parc régional d’une superficie de 40km². C’est en 2011 que Parcs Canada entame le travail de concertation avec un grand nombre de partenaires en vue de la création du parc urbain national. À terme, le parc aura une superficie de 79,1km² en plein cœur de la région métropolitaine la plus vaste et la plus hétérogène du pays, ce qui correspond à 23 fois Central Park à New York.

Cela demande également des investissements à la hauteur des ambitions et une volonté de collaboration entre les différents niveaux de gouvernement. Trois niveaux de gouvernance (national, provincial et municipal) et huit intervenants sont directement impliqués dans le parc de la Rouge. Cela a conduit à la signature d’ententes et à des cessions de terrains par le Ministère des Transports du Canada, la province de l’Ontario et les municipalités.

Établir et gérer un parc d’une telle envergure nécessite également un budget adéquat. Parcs Canada a ainsi investi 170 millions de dollars sur 10 ans afin d’établir le parc, réaliser les aménagements et en assurer la gestion. Par la suite, ce sont plus de 10M$ qui seront injectés annuellement.

La réussite d’un tel projet passe par la concertation du plus grand nombre d’acteurs. Dans le cas de la Rouge, plus de 22 000 personnes ont ainsi été officiellement consultées dans l’élaboration du plan directeur. Un cercle consultatif des Premières Nations a été mis sur pied dès le début de la démarche et un conseil provisoire sous la supervision de Parc Canada, composé des représentants du gouvernement du Canada, du gouvernement de l’Ontario, des municipalités, des fermiers, des représentants des premières nations, d’ONG et d’autres partenaires, encadre la gestion du parc.

Considérant que le temps est venu de se pencher sur le projet pour la région métropolitaine, les CRE de Montréal, de Laval et des Laurentides, avec le soutien de la Chaire en paysage et environnement de l’Université de Montréal et la Chaire UNESCO en paysage et environnement de la même institution, ont amorcé une collaboration visant la mise en place d’un Parc urbain national sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

L’exemple de la Rouge est inspirant. Après Toronto, c’est maintenant à la région métropolitaine de se doter d’un parc national urbain. Dès le début de l’année 2018, nous allons mener une série d’actions afin de concerter et mobiliser l’ensemble organismes locaux, régionaux et même nationaux concernés comme nous à la protection et la mise en valeur des milieux naturels.

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