Marianopolis : Une fin qui justifie les moyens

Le débat sur l’avenir des espaces verts sur le site de l’ancien séminaire de philosophie de Marianopolis a pris fin en mai 2010 avec une décision sans précédant de la Ville de Montréal. Celle-ci a refusé au promoteur de construire de nouveaux bâtiments qui empièteraient sur le territoire non-construit du site et a mis un terme au flou entourant la capacité limite du mont-Royal. Retour sur des années de démarches pour aboutir à cet heureux dénouement.

En mars 2005, la Table de concertation du Mont-Royal est créée, soit deux jours après que le gouvernement du Québec ait reconnu la grande valeur patrimoniale du mont-Royal en le classant « Arrondissement historique et naturel ». La Table est composée de représentants de 8 institutions, de 6 organisations associatives et de 6 organisations municipales, auxquelles s’ajoutent une vingtaine d’observateurs. Sous la présidence de monsieur Claude Corbo, elle a comme mandat d’établir des consensus sur l'accessibilité, la protection et la mise en valeur de ce territoire.

Quelques années plus tard, en 2009, le Plan de protection et de mise en valeur du mont Royal voit le jour avec une faiblesse : la notion de capacité limite qui n’est pas clairement définie. Or, du point de vue environnemental, c’est incontournable. Il en va de l’avenir des espaces verts de ce site exceptionnel, qui sont très souvent perçus comme de potentiels espaces à développer. Depuis le début de l’existence de la Table, un grand nombre d’organisations et de citoyens exerce de la pression sur les autorités municipales pour qu’elles se prononcent une fois pour toute sur cet enjeu, afin de ne pas être obligé de défendre un par un ces morceaux de verdure à chaque fois qu’un projet de développement voit le jour sur la montagne.

La récente décision de la Ville de Montréal, sur le dossier Marianopolis, est en ce sens cruciale pour l’avenir. En refusant toute construction dans les espaces verts du site de Marianopolis, la Ville de Montréal trace pour la première fois les limites de développement sur la montage et permet de croire que le mont royal conservera sa belle couverture verte dans les prochaines décennies.

Il s’agit d’un message très clair à l’égard de tous les propriétaires institutionnels. L’université McGill, l’hôpital Royal Victoria, l’université de Montréal, les cimetières, etc., tous ont des besoins grandissants. Ceux-ci savent maintenant qu’ils devront concevoir des projets qui n’empièteront pas sur les espaces verts de la montagne.

Après plusieurs années d’intenses négociations, il s’agit donc d’une victoire pour la protection de ce patrimoine montréalais et pour l’amélioration de la qualité de vie de tous les citoyens.

Coralie Deny, directrice générale du CRE-Montréal