La mobilisation se poursuit pour le Grand parc de l’Est

Cette année, cela va faire 27 ans que le parc-nature du Bois-d’Anjou a été acquis par l’agglomération montréalaise. Cela fera aussi 27 ans que ce parc est non aménagé et non accessible au public. L’adoption du règlement 72 au printemps 2018 a lancé un signal encourageant, ouvrant au possible agrandissement du parc en y incluant le terrain du golf métropolitain d’Anjou ainsi que plusieurs friches au sud de l’autoroute 40.

Depuis plus de quatre ans, le CRE-Montréal mobilise la collectivité autour de la nécessité de créer un grand espace vert accessible à la communauté et à tous les Montréalais dans ce secteur qui en manque cruellement. Nous avions d’ailleurs détaillé les arguments sur l’importance d’agir pour la santé des populations voisines et la qualité de leurs milieux de vie dans Fiche argumentaire – Un grand parc pour l'est de Montréal : Parc-nature d'Anjou.

C’est dans cette perspective qu’avec le soutien du Groupe Rousseau Lefebvre (architectes paysagistes, biologistes et urbanistes), nous avons réuni le 5 février une cinquantaine de personnes d’horizons variés (groupes environnementaux et sociaux, chercheurs, citoyenNEs) dans le cadre d’un atelier d’idéation intitulé « Rêver le grand parc de l’Est ».

 

 

Les discussions fertiles et passionnées ont une nouvelle fois mis en évidence la pertinence et la nécessité pour la région métropolitaine de se doter de ce grand parc dont la superficie pourrait à terme égaler celle du Jardin botanique et du parc Maisonneuve combiné, soit 140 ha. Accès à la nature pour les résidents et les travailleurs de l’Est; protection et mise en valeur des milieux naturels; consolidation de la connectivité écologique de la trame verte et bleue de l’Est; lutte aux îlots de chaleur et gestion durable des eaux pluviales; hausse du potentiel d’attractivité et de la valeur foncière des secteurs environnants – les arguments en faveur de sa création sont nombreux.

Le visage de l’est de Montréal devrait profondément s’améliorer dans les prochaines années avec, entre autres, le prolongement de la ligne bleue, la réfection de la rue Notre-Dame, la décontamination des terrains industriels et la revitalisation de plusieurs secteurs névralgiques, notamment pour y déployer les écoparcs industriels et y consolider des milieux de vie tournés vers une mixité d’usage, et un aménagement et une mobilité durables. Dans cette perspective, le grand parc constitue un incontournable au cœur d’une véritable vision de développement durable pour l’Est.

Les réflexions de l’atelier ont porté sur l’ancrage du futur grand parc dans la trame verte et bleue active de l’Est, un axe de mobilité active et de verdissement reliant les espaces verts entre la rivière des Prairies et le fleuve Saint-Laurent, ses relations avec les secteurs industriels et résidentiels environnants et les besoins d’aménagement afin d’en faciliter l’accès en transport actif et collectif pour l’ensemble des Montréalais. Les personnes participantes ne se sont pas limitées à l’existant, mais ont fait preuve de créativité et de vision dans les solutions proposées, entre autres afin de connecter le parc aux pôles de transport existant (train et métro) et à venir (terminus de la ligne bleue aux Galeries d’Anjou). L’atelier a également mis en évidence le rôle que peuvent jouer les terrains actuellement en friche situés au sud de l’autoroute 40 et au nord du parc-nature en termes de connectivité écologique et d’accès en transport actif. Il est incontestable que le parc-nature constitue l’élément clé autour duquel s’articule toute la vision d’un grand lien vert et actif de la rivière au fleuve. Sans lui, la réalisation de ce lien perd toute pertinence.

Considérant les différences entre la partie nord du golf (appartenant à la ville de Montréal) et la partie sud (appartenant à un propriétaire privé), une approche par phases est à envisager. À court et moyen termes, on peut penser aménager la partie nord du golf métropolitain et le parc-nature du Bois-d’Anjou actuel. Les participantEs ont toutefois clairement identifié la partie sud du golf comme un élément important et incontournable du parc à terme. Pour cette partie, l’actuel propriétaire devra être convaincu du bien-fondé d’un tel projet collectif pour négocier sa cession à la ville de Montréal à des fins de parc, même si jusqu’ici, il prévoyait y développer des bâtiments commerciaux.

D’ici quatre semaines, nous produirons et publierons un document mettant de l’avant les propositions qui ont été faites lors de notre atelier. Souhaitons que toutes ces parcelles d’une vision d’un grand parc de l’Est contribuent à la réalité de demain et que l’actuel propriétaire et gestionnaire du golf en soit un partenaire.