Île Charron : le promoteur veut le beurre et l’argent du beurre. Un projet résidentiel de haute densité demeure inacceptable

20 septembre 2011 – La coalition pour la protection de l’île Charron, qui demande depuis sa création la préservation du terrain de l’île Charron pour ses qualités d’espace vert et son intégration au parc national des Îles-de-Boucherville pour le bénéfice d’une population métropolitaine grandissante, considère la position du promoteur inacceptable. Alors que le promoteur a acheté au coût de 6 millions de dollars le terrain de l’île Charron, sans avoir l’assurance qu’il pourrait y développer selon sa volonté, il arrive de nouveau avec une proposition qui entraîne non seulement une plus-value plus qu’honorable, mais aussi la permission de construire de grandes tours d’habitation sur une partie du terrain.

« Luc Poirier veut le beurre et l’argent du beurre en demandant 15 millions de dollars au gouvernement tout en se réservant le droit de faire un projet résidentiel de haute densité sur plus de 20 % du terrain de l’île Charron, qui exclurait en plus les chemins d’accès, les espaces non directement bâtis et toute autre compensation exigée dans le cadre de son projet. Il demande aussi de pouvoir occuper une partie du stationnement du parc. C’est simplement inacceptable », a réagi ce matin Christian Simard, de Nature Québec, à la suite de la proposition du promoteur.

Pour la coalition, la tentative de faire reposer le blâme d’un échec éventuel de la négociation sur les épaules des groupes environnementaux est navrante. En effet, ces organismes n’ont de cesse depuis le début de faire la démonstration de l’aberration de concevoir un projet de développement immobilier sur ce site, et cela pour de multiples considérations, tant environnementales, sociales qu’économiques.

Pour s’en convaincre, rappelons que le terrain comprend une zone boisée (intérêt écologique pour la métropole), qu’il jouxte le parc national (valeur de zone de transition et potentiel d’agrandissement du parc ; intérêt récréotouristique), qu’il se trouve en plein cœur du fleuve Saint-Laurent (agrandissement de la fenêtre sur le fleuve), que son accès nécessite l’utilisation du pont Louis-Hippolyte Lafontaine (la venue de résidants entraînerait un problème de congestion exacerbé), que son développement immobilier demanderait des investissements publics majeurs pour les infrastructures publiques, y compris leur exploitation.

« Le promoteur ne semble pas comprendre l’incidence néfaste qu’aurait son projet de développement, notamment en créant une pression énorme sur les milieux naturels du plus petit parc national que compte le Québec », selon Coralie Deny, du Conseil régional de l’environnement de Montréal.

Les groupes réitèrent donc leur demande au promoteur de faire preuve de sagesse et d’accepter l’offre du gouvernement quant à l’acquisition de l’ensemble du terrain pour 15 M$. « Le promoteur doit refaire ses devoirs et accepter l’offre du gouvernement d’acquérir le terrain qu’il détient sur l’île Charron pour un montant de 15 M$. Sinon, le promoteur pourrait faire face à l’expropriation ou aux contraintes majeures imposés notamment par le zonage, contraintes que le promoteur ignore totalement dans son projet, en tout irrespect pour la Ville de Longueuil », de conclure Rémi Arsenault, des Amis du parc national des Îles-de-Boucherville.

La coalition constate un changement de discours du promoteur qui, dans les minutes qui ont suivi l’annonce de l’offre du gouvernement, réclamait d’être exproprié tout en menaçant de poursuivre l’État.

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Information :
Coralie Deny, Conseil régional de l’environnement de Montréal, 514-842-2890
Christian Simard, Nature Québec, 418-931-1131
Rémi Arsenault, Les Amis du parc national des Îles-de-Boucherville, 514-346-7468