Le Plan de gestion des matières résiduelles pour le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal : les organismes environnementaux veulent que leurs préoccupations soient prises en compte

Montréal, le 16 octobre 2002 – La Commission de l’environnement de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) tient une séance publique jeudi le 17 octobre sur la démarche qu’elle entend suivre dans l’élaboration de son Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR). La CMM est tenue en vertu de la loi d’adopter un tel Plan d’ici au premier janvier 2004. À cette occasion, les cinq Conseils régionaux de l’environnement (CRE) de la région métropolitaine de Montréal dont les territoires recoupent en tout ou en partie celui de la CMM, soient les CRE de Lanaudière, des Laurentides, de Laval, de la Montérégie et de Montréal, comptent demander aux membres élus de la commission de quelle façon ces derniers entendent tenir compte des enjeux qu’ils ont déjà soulevés et qu’ils souhaitent voir intégrés à la démarche qui sera bientôt entreprise. Ils ont à cet effet quatre demandes de modification du processus annoncé à formuler.

Ces organismes s’inquiètent de la qualité et de la précision des informations qui seront contenues dans le bilan de la situation sur l’ensemble du territoire. Ce bilan, qui devrait être finalisé pour novembre et sur lequel seront basés les différents scénarios pour le futur Plan de gestion des matières résiduelles de la CMM, risque selon eux d’escamoter les données sur les matières résiduelles produites par les commerces, les institutions et l’industrie. Sans des données fiables sur ces secteurs, c’est toute la capacité d’estimation du volume de matières à être traitées, ou encore dont on devra disposer, qui sera remise en cause.

Par ailleurs, les CRE de la région métropolitaine veulent que la réduction à la source fasse partie intégrante de tous les scénarios élaborés, ce qui n’apparaissait pas dans le devis d’appel d’offres transmis par la CMM. En effet, avant de penser à recycler, il faut selon eux traiter le mal à sa source en réduisant le volume de matières résiduelles produites, notamment les emballages. Même s’il ne s’agit pas d’un domaine de juridiction municipale, les organismes font valoir que les élus de la région de Montréal ont une responsabilité politique à l’égard de la sensibilisation des autres paliers de gouvernement. Rien n’est encore prévu à cet effet dans la démarche retenue jusqu’ici. D’autre part, ces organismes croient qu’il est important d’intégrer la problématique du transport des matières résiduelles et de l'impact sur le réseau routier à tous les scénarios étudiés pour le futur PGMR.

Enfin, les CRE veulent être impliqués aux diverses étapes de la démarche et veulent s’assurer d’un mécanisme de consultation de la population qui soit transparent sur les choix qui vont se dessiner suite aux divers travaux des experts. Or jusqu’à maintenant la CMM ne se propose de consulter que sur un seul des scénarios qui seront étudiés. Les organismes demandent que tous les scénarios étudiés soient rendus publics. De plus, ils considèrent comme essentiel que sur un enjeu aussi important les règles de la consultation publique soient rigoureuses et similaires aux processus qui ont déjà fait leurs preuves dans le cadre des audiences publiques sur les grands projets du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

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Source :
Robert Perreault – CRE-Montréal (514) 842-2890
Coralie Deny – CRE-Montréal (514) 842-2890