Stationnement : questionner l’utilisation gratuite de l’espace public pour des véhicules privés

Bravo à l’arrondissement Outremont qui a annoncé le jeudi 30 mai dernier que 100 % des stationnements sur le domaine public seront désormais payants sur son territoire. Ce geste permet d’internaliser les coûts réels de l’utilisation de l’espace public pour des véhicules privés. Du même coup, on diminue les privilèges de la voiture pour réinvestir dans la mobilité durable.

Cette mesure vient harmoniser la pratique des vignettes qui était déjà présente pour 40 % des places de stationnement sur rue. Les résidents pourront se procurer une vignette pour la somme de 140 $ par année soit 11,70 $ par mois. Les visiteurs pourront quant à eux se procurer une vignette mensuelle au coût de 100 $ par mois ou des vignettes journalière pour 10 $, mais pourront se stationner gratuitement pour une durée de deux heures pour favoriser l’achat local.

Bien entendu, ce genre de mesures suscite toujours son lot de critique car elles bouleversent un statu quo établi depuis des décennies : celui de bénéficier du privilège d’avoir une place de stationnement gratuite sur le domaine public. Cette pratique est tellement répandue qu’on confond aujourd’hui ce privilège avec un droit. Il est grand temps de remettre ne serait-ce qu’une partie de cet espace au service d’autres options de transport, mais également au service de plus de verdissement et d’autres utilisations de l’espace public.

Le CRE-Montréal s'intéresse à cette question depuis une quinzaine d'années, car il considère le stationnement comme une composante essentielle du transport et un outil extrêmement efficace pour favoriser un transfert modal de l'auto solo vers une mobilité plus durable basée sur le cocktail transport : transport collectif, transport actif (marche, vélo) et de meilleurs usages de la voiture (taxi, autopartage, covoiturage).

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