Le stade de baseball n’a pas sa place au Bassin Peel

Le 3 octobre dernier, lors de la consultation publique pour l’avenir du secteur Bridge-Bonaventure, M. Stephen Bronfman, du Groupe Baseball Montréal, a présenté devant les commissaires de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) les détails du très médiatisé projet de stade de baseball au Bassin Peel. N’ayant pas pu prendre connaissance de ces détails plus tôt, nous ne nous étions pas prononcé sur le sujet dans notre mémoire déposé à l’OCPM le 27 septembre. Aujourd’hui, il nous semble essentiel d’exprimer les importantes réserves que nous inspire ce projet.

Dans son mémoire, le Groupe Baseball Montréal a fortement insisté sur le caractère « vert » de son projet. Notamment, le Groupe vante l’accessibilité du stade à pied, à vélo ou via le futur Réseau Express Métropolitain (REM). Notons à ce sujet que le site projeté se trouve à 2,4 km (1,3 km à vol d’oiseau) de la station de métro la plus proche (Bonaventure), et à 1,5 km (600 m à vol d’oiseau) de la future station du REM, soit bien au-delà du rayon de marchabilité habituellement fixé à 500 m. Au-delà des bonnes intentions, aucune démonstration n’est faite que l’aménagement des abords du stade, qui serait un important générateur de déplacements, permettrait le déploiement réellement sécuritaire et convivial des modes de transport collectifs et actifs - une considération essentielle dans un secteur déjà aux prises avec de lourds problèmes de circulation de transit en milieu habité.

Le Groupe Baseball Montréal fait la promotion d’un stade « accessible à la population, ouvert et inclusif, et dont l'aménagement permettra à plusieurs partenaires de la communauté de mieux desservir leurs clientèles respectives ». Mais qu’en est-il des nuisances, de la cohabitation des usages, sachant que les populations voisines du stade devraient s’accommoder d’un stade ouvert accueillant des événements sportifs et d’autres événements générateurs de forts décibels comme des concerts, et s’accommoder des foules circulant dans leur quartier ? Par sa taille, le stade aurait des impacts importants en termes paysagers : il viendrait créer une grande barrière de béton entre la ville et l’eau et serait un voisin trop imposant dans un quartier habité.

Contrairement au Stade Olympique, facilement accessible en transport collectif (station de métro Pie IX) et actif, situé à un jet de pierre de quartiers résidentiels et de grands parcs, l’emplacement de ce nouveau stade ne rencontrerait pas les exigences d’une ville résiliente et durable. 

Par conséquent, nous enjoignons la Ville de Montréal à envisager le redéveloppement du secteur Bridge-Bonaventure et des abords du Bassin Peel sous un autre angle : faisons-en un fleuron d’aménagement urbain durable, qui permette de réparer les iniquités socio-économiques, tout en magnifiant le caractère paysager et historique unique des lieux. Aménageons des milieux de vie et des environnements de travail axés sur la qualité de vie pour tous : espaces verts, watersquares, intégration sécuritaire et conviviale de la mobilité active et collective, offre diversifiée de logement et de services, emplois de qualité, mesures de prévention et de mitigation des nuisances, etc. C’est à ces objectifs, exprimés dans notre mémoire, que devraient s’arrimer l’ambition et la capacité d’innovation montréalaises. Nous ne pensons pas qu’un stade de baseball puisse contribuer à cette vision, sur ce site.

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