Parc Jean-Drapeau : un rapport qui appelle à un changement de cap

Le CRE-Montréal accueille très favorablement le rapport de consultation de l'Office de consultation publique de Montréal (OCPM) sur l’avenir du parc Jean-Drapeau diffusé ce 10 avril. Ce rapport, fruit d’un exercice de consultation auquel ont pris part plus de plus de 7 000 individus et organisations, fait largement écho aux éléments présentés dans notre mémoire (notre organisme y est cité plusieurs dizaines de fois). Les 20 recommandations de la Commission témoignent clairement de la volonté largement partagée par les participants à la consultation de rendre au Parc sa vocation première d’espace vert et bleu accessible à tous. Le chemin vers cette nouvelle vocation impliquera un travail soutenu de la part de l’ensemble des parties prenantes et des gestes forts considérant la situation actuelle où les 8 158 places des 15 stationnements du Parc occupent une superficie équivalente à celle de l’ensemble des boisés du mont Boullé, ce qui est totalement incompréhensible pour un lieu dont la vocation première est celle d’espace vert.

La Commission plaide pour l’adoption d’une vision globale et cohérente pour l’ensemble du Parc (les deux îles) afin d’éviter de retourner dans une gestion à la pièce comme nous l’avons connue au cours des dernières années, alors que l’événementiel avait pris le pas sur la nature.

Quelques éléments à souligner dans le rapport :

  • Remettre la nature au coeur du parc
    Plusieurs recommandations insistent sur la nécessité de protéger et mettre en valeur les espaces verts et les milieux naturels uniques présents sur les deux îles. Un effort important est nécessaire afin de restaurer et consolider la biodiversité du parc, entre autres en réduisant les espaces minéralisés. La Commission souligne également que le caractère insulaire du Parc a été négligé au cours des dernières années et recommande de poser des actions afin de (re)donner l’accès aux berges : renaturalisation des berges, création d’une promenade panoramique passant par l’abolition des aires de stationnement.
  • Mobilité durable et réduction de la place du stationnement
    En matière de mobilité, les recommandations de l’OCPM vont dans le même sens que celles du CRE-Montréal et impliquent un virage à 180 degrés. Il est clair que l’automobile doit céder sa place aux piétons, cyclistes et au transport collectif. La Commission recommande entre autres de réduire les aires de stationnement, de mettre en place des mesures afin de décourager la circulation de transit et d’assurer des liens piétons et cyclistes conviviaux sur l’ensemble du site. La création de parcours thématiques, une bonification et une uniformisation de la signalisation sont aussi suggérées afin de bonifier l’expérience du visiteur
  • Une refonte de la gouvernance
    Les commissaires appellent à plus de transparence et à une plus grande concertation du milieu. L’OCPM recommande que la ville de Montréal joue un rôle plus central avec la création d’un Bureau du Parc (sur un modèle inspiré du mont Royal) ainsi que la mise en place d’un espace de concertation.
  • Organiser un événement est un privilège pas un droit
    La commission propose plusieurs éléments afin de mieux encadrer les activités dans le parc. Elle souligne que le développement du Parc doit se faire avant tout dans le respect de la vocation nature du Parc. Une diversification des activités, en particulier via le développement d’une offre d’activités légères, tout au long de l’année est une des pistes présentées dans le rapport.

Le dépôt du rapport est une étape encourageante en vue de l’adoption du nouveau plan directeur tant attendu. Il faut maintenant éviter de répéter les erreurs du passé. Pour cela, nous espérons que l’administration fera les choix nécessaires et se dotera des moyens adéquats pour faire atterrir la vision sur le terrain au plus grand bénéfice de l’ensemble de la région métropolitaine.

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