Assomption/Souligny : une boucle autoroutière incompatible avec un véritable « écoparc industriel »

Le 3 juillet 2019, le CRE-Montréal a fait parvenir une lettre à M. François Bonnardel, ministre des Transports, et à Mme Chantal Rouleau, ministre déléguée aux Transports et ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, pour les convaincre de l’urgence de revoir le projet routier dans le secteur Assomption Sud - Longue-Pointe à l’intersection du boulevard de l’Assomption et de l’avenue Souligny.

Le projet de prolongement et d’intersection de ces deux grands axes de circulation constitue l’une des pièces maîtresses de la requalification du secteur de planification stratégique Assomption Sud–Longue-Pointe, à Montréal. En effet, tout dépendant de sa forme, ce projet viendra soit entraver, soit favoriser l’accessibilité au futur pôle d’emploi de l’Assomption Sud, la mobilité active, la préservation des derniers milieux naturels du secteur, la qualité de vie des résidents et des travailleurs, la valorisation du paysage et du patrimoine… bref, le développement durable du secteur.

Le 12 mars dernier, les trois porteurs de ce projet, le MTQ, la Ville et le Port de Montréal, ont présenté en séance d’information publique une proposition de forme dont certaines composantes nous apparaissent irrecevables. Le concept présenté prévoit l’aménagement d’une boucle surélevée de type autoroutier à l’intersection Assomption/Souligny, une structure qui provoquerait la dégradation du paysage, la diminution du sentiment de sécurité, la fragmentation d’un milieu naturel de plus de 8 hectares (le boisé Steinberg), et la perte d’une partie des milieux humides qu’il contient. De plus, cette boucle viendrait poser des obstacles majeurs à l’intégration sécuritaire et conviviale de la mobilité active au projet : pentes, corridor aménagé du côté ouest du boulevard Assomption plutôt que du côté du futur pôle d’emploi, circulation en hauteur à proximité d’un lourd trafic de camions, croisement de voies de service pour les camions, isolement du réseau routier et d’autres axes de mobilité active sur un kilomètre, etc.

Par ailleurs, le projet prévoit la fermeture de la rue Dickson à toute circulation, à l’angle de Souligny. Le futur boulevard de l’Assomption, en grande partie surélevé, se dresserait comme une barrière sur le flanc ouest du pôle d’emplois Assomption Sud. Ce futur pôle d’activité économique serait donc complètement enclavé au nord comme à l’ouest, et ne serait plus accessible que par le sud, via Notre-Dame Est. Cela contredit la vision d’écoparc industriel projeté pour tout le secteur et l’objectif de libérer Notre-Dame Est d’un maximum de camions et de véhicules motorisés. 

En conséquence, nous demandons aux ministres qu’un nouveau scénario soit élaboré, afin d’intégrer les éléments suivants :

  • un croisement en forme de T (et non pas une boucle autoroutière) à l’intersection Souligny / Assomption;
  • un axe de mobilité active nord-sud au niveau du sol, du côté du futur pôle d’emplois (plutôt qu’un corridor en hauteur et isolé du côté ouest du futur boulevard de l’Assomption);
  • le maintien d’une certaine perméabilité au niveau de Dickson et Souligny, à tout le moins pour les piétons et les cyclistes. 

Nous attendons avec grand intérêt, sans doute au cours des prochains jours, la publication du rapport-synthèse des consultations publiques menées par l’OCPM au printemps dernier sur l’avenir du secteur Assomption Sud–Longue-Pointe, lors desquelles nous avons déposé un mémoire. Le CRE-Montréal espère une révision du projet routier au bénéfice du développement durable d’un secteur déjà lourdement hypothéqué par l’enclavement, la perte des milieux naturels, et la pollution atmosphérique, visuelle et sonore.

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