Une école dans l’ancien jardin des Soeurs Grises : un beau projet au mauvais endroit

Au début du mois de juin 2018, le gouvernement du Québec annonçait d’importants investissements pour la construction, la rénovation et l’agrandissement d’écoles dans la région de Montréal. Un engagement nécessaire et important afin d’offrir les meilleures conditions d’apprentissage pour les jeunes alors que les besoins du milieu scolaire sont criants. Cependant, parmi les projets présentés figure la construction d’une école, en collaboration avec le Lab-École, sur le site de l’ancien jardin de la maison mère des Sœurs Grises de Montréal, au coeur d’un ensemble pourtant classé patrimonial pour le gouvernement du Québec... depuis 1976!

La construction du bâtiment entraînerait la disparition d’un des derniers espaces verts du centre-ville et avec lui, celle d’une trentaine d’arbres matures qui l’habitent. Dans ce secteur où se côtoient de nombreux travailleurs, résidents et étudiants, une densité de population qui ne cesse de croître, et considérant les nombreux bienfaits tant environnementaux (lutte contre les îlots de chaleur, amélioration de la qualité de l’air, gestion des eaux pluviales) que sociaux des espaces verts en milieu urbain, cela représenterait une perte inacceptable pour le cœur de Montréal.

Nous avons interpellé le ministre de l’éducation afin qu’un autre lieu soit trouvé, en collaboration avec la Commission scolaire de Montréal et la ville de Montréal, afin de construire cette nouvelle école et ainsi assurer la pleine adhésion des MontréalaisES à ce projet prometteur dont la métropole a bien besoin.

Ce dossier est un nouvel exemple que les espaces sont encore trop souvent perçus comme des espaces à développer. Le temps caniculaire nous rappelle que le centre-ville ne peut se permettre de perdre ses derniers espaces verts. Le Jardin Notman a été sauvé après des années de mobilisation citoyenne, le jardin Domtar lui, malheureusement disparaîtra prochainement sous une tour.

À combien de projets de construction, de batailles pour préserver les îlots de fraîcheur urbains et d’abattage de grands arbres centenaires devrons-nous encore assister avant de prendre les mesures nécessaires et suffisantes pour arrêter cette disparition des espaces verts en ville ?

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