Qualité de l’air à Montréal : encore trop souvent « mauvaise » ou « acceptable »

Le bilan environnemental 2017 de la qualité de l’air vient de sortir. Un document essentiel qui revient chaque année pour partager avec la population montréalaise la connaissance quant à la pollution de l’air qu’elle respire. C’est essentiel, car il en va de la santé publique.

Nous savons que la météo influence grandement la qualité de l’air, comme la pluie qui « lave » l’atmosphère, les vents qui apportent ou font partir la pollution selon leur direction et leur force, la température dans les différentes couches atmosphériques qui peuvent parfois retenir la pollution à notre niveau, la chaleur qui induit le smog. Si tout cela est vrai, la pollution urbaine n’en est pas moins réelle et problématique.

Tant que collectivement nous ne nous préoccuperons pas de l’air mis dans nos poumons au même titre que l’eau que nous avalons, nous n’agirons pas suffisamment pour améliorer la situation. C'est bien de surveiller la qualité de l'air en ville, mais c'est encore mieux de poser les gestes pour diminuer la pollution. 34 jours de « mauvaise » qualité de l'air en 2017 c'est trop surtout si on y ajoute tous les jours où c'est « acceptable ». Accepteriez-vous de boire de l'eau seulement jugée « acceptable » et non « bonne » ? Très probablement la réponse serait NON à moins de n’avoir pas le choix. Question de perception car rappelons qu’en moyenne un être humain inhale 12 000 litres d’air par jour, ce qui est quand 6000 fois plus que l’eau que l’on boit.

Il est donc important et urgent que la population et les décideurs soient davantage sensibilisés et mobilisés sur cet enjeu de taille.

On connaît les sources principales de pollution sur lesquelles la métropole peut agir. Un volet encourageant : la réglementation sur le chauffage au bois qui obligera à la conformité dès l’automne prochain sur le territoire de la ville de Montréal. Mais c’est largement insuffisant. Dans ce dossier spécifique, il faut que toutes les villes de l’agglomération emboîtent le pas, ce qui n’est pas encore fait.

Il faut voir aussi à améliorer la réglementation en matière d’émissions de polluants par les entreprises. Pour cela, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) devrait suivre le même processus que pour les rejets d’eaux usées et adopter un règlement applicable et appliqué à l’échelle de ses 82 municipalités. Sinon comment demander à l’agglomération de Montréal d’aller plus loin sans la peur de voir les entreprises brandir la menace de se délocaliser ou de choisir des zones moins exigeantes.

Le gros morceau : les véhicules motorisés. Une des principales clés de succès dans une meilleure qualité de l’air à Montréal réside dans la diminution importante de l’utilisation de véhicules au diesel ou à l’essence sur le territoire. La part du gâteau des bons gestes et des bons véhicules est encore trop petite dans le paysage des déplacements urbains pour que la qualité de l’air s’améliore de façon notable. Même les petits gestes, comme éteindre le moteur de sa voiture à l’arrêt, exigé par voie de règlement, sont trop peu appliqués.

Pour consulter le bilan 

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