Projet de terminal dans Montréal-Est : des inquiétudes bien justifiées

Le 27 février dernier débutait la deuxième série de consultations du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet de la Corporation internationale d'avitaillement de Montréal (CIAM). Ce projet vise l’implantation d’un nouveau terminal maritime comprenant un quai de transbordement et huit réservoirs géants pouvant entreposer un total de 164 millions de litres de carburant, à Montréal-Est, afin d’alimenter les aéroports d’Ottawa et de Toronto par camions et barges, et de Montréal par pipeline.

D’une part, le projet soulève de nombreux questionnements quant à la dépendance aux énergies fossiles qui l’accompagnerait alors que la collectivité multiplie les actions pour une société sobre en carbone.

D’autre part, le projet impliquerait une utilisation intensive du pipeline TransNord qui traverse les rivières des Prairies, des Mille-Îles et des Outaouais. Ce pipeline, dont certaines sections ont été construites il a plus de 60 ans, a connu de nombreux incidents au cours des dernières années (83 depuis 2004 selon Équiterre). Malheureusement, ce volet du projet n’est pas pris en compte dans la consultation et l’évaluation du BAPE.

Comme le mentionnait le porte-parole de la Direction de santé publique, Luc Lefebvre, dans un article publié dans Le Devoir le 28 février 2018, cette omission est d’autant plus inadmissible, que le pipeline Trans-Nord traverse des cours d’eau dans lesquels un déversement d’hydrocarbures « menacerait l’approvisionnement en eau potable de la population de l’agglomération de Montréal. Les prises d’eau sont toutes situées près d’une zone à risque en cas de déversement du pipeline. »

Malgré le fait que le Ministère de la Sécurité publique ait voulu être encourageant sur la gestion des risques via la création d’un comité et d’un “Cadre de référence-intervention pipelines” (CRIP) lors de la présentation du projet au BAPE, à l’instar de la Direction régionale de santé publique de Montréal, le CRE-Montréal et plusieurs organismes environnementaux sont très inquiets des conséquences que pourraient avoir un incident sur notre approvisionnement en eau potable et sur la santé de nos écosystèmes.

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