Ne canalisons pas le ruisseau du golf Meadowbrook, décontaminons-le !

Le 7 juin dernier, la Cour Supérieure du Québec ordonnait à la Ville de Montréal d’entreprendre les démarches nécessaires auprès du ministère du Développement durable, de l’Environnement, et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) pour réaliser « des travaux visant à mettre fin à toute contamination du ruisseau à partir de l’égout pluvial qui s’y déverse, par canalisation, déviation ou autres mesures nécessaires afin d’y faire cesser l’écoulement d’eau contaminée ». Les délais accordés à la Ville sont de quatre mois pour déposer la demande et de 18 mois pour réaliser les travaux.

La canalisation du ruisseau situé dans l’actuel golf de Meadowbrook, solution mentionnée dans le jugement, irait à l’encontre des principes de protection et mise en valeur des milieux naturels et desservirait l’intérêt collectif dans la perspective d’un parc public sur ce terrain dans le futur.

La cause de la pollution et la solution à ce problème sont connues : selon la Ville de Montréal, la pollution du ruisseau provient des raccordements inversés de quelque 200 immeubles situés en grande partie dans les municipalités voisines de Montréal-Ouest et Côte-Saint-Luc. La solution consiste à identifier précisément les raccordements défectueux et à procéder aux travaux de correction.

Cela ne se fera pas sans défi, mais c’est le seul scénario acceptable, dans le contexte où Montréal est à développer son Plan de drainage et que plusieurs villes à travers le monde revalorisent par des aménagements innovants leurs cours d’eau et milieux humides urbains. La canalisation du ruisseau serait un projet d’un autre siècle et donnerait l’impression que la Ville et les deux municipalités impliquées ferment tout simplement les yeux pour aller au plus simple.

Notons par ailleurs que le cours d’eau de 200 mètres et ses berges enrichissent la biodiversité urbaine et l’enrichiront davantage lorsque le problème de pollution sera réglé. L’heure est à la réhabilitation et à la revalorisation des cours d’eau urbains, pas à leur transformation en égouts. Souhaitons donc que les services centraux de Montréal et les deux villes liées impliquées travaillent rapidement de concert pour corriger ces erreurs de connection du passé.

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