Disparition du boisé McConnell : les milieux naturels et la qualité de vie en berne

Le 28 novembre dernier, le journal The Gazette confirmait le lancement du projet résidentiel Royal Quai, à Dorval. La construction de cet ensemble de résidences de luxe situées en berge implique de défricher le boisé McConnell, dernier joyau vert au bord du fleuve Saint-Laurent de la municipalité.

Cette perte de milieux naturels soulève de grandes inquiétudes, car le boisé McConnell contribue significativement à la qualité de vie des DorvaloisEs et pouvait offrir une superbe fenêtre publique sur l’eau. D’ailleurs, plusieurs démarches ont été entamées en 2017 pour soustraire ce milieu du développement. La ville de Dorval avait tenté d’acheter le terrain pour 15,1 M$ et plusieurs citoyens avaient lancé une pétition pour protéger le site et y aménager un parc assurant l’accès au fleuve. Cette pétition avait recueilli 1400 signatures en 2017.

En réaction à la mise en vente du domaine situé au bord du fleuve, le CRE-Montréal avait signifié son appui à la ville de Dorval dans ses démarches en 2017 visant la protection du site et sa transformation en parc garantissant l’accès au fleuve, suivant une vision de résilience et d’équité.

Malheureusement, c’est le promoteur immobilier qui a remporté la vente, conclue à 15,5 M$. Le promoteur s’est tout de même engagé à protéger les arbres les plus majestueux du domaine de même que des bandes de végétation, le tout équivalent à 13 % de la superficie du boisé. Ceci inclut une aire où sera aménagé un chemin d’accès au fleuve accessible à toute la population.

Le CRE-Montréal déplore la disparition de cet important milieu naturel et riche en biodiversité, même si à l’issue des négociations entre Dorval et le promoteur ont pu garantir un certain canopé et un petit accès au fleuve. Malheureusement, quelques rangées d’arbres ne seront pas en mesure d’offrir des services écologiques (fraîcheur, écran sonore, filtre dépolluant) équivalents à ceux qu’aurait pu fournir un boisé diversifié et intègre. Il est dommage que l’ancien propriétaire des lieux n’ait pas désiré poser un geste pour la collectivité montréalaise en privilégiant la vente de son terrain à l’administration municipale à des fins de parc public. Une belle occasion sociale ratée au bénéfices de quelques futurs acheteurs privilégiés.

 

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