Le bois et le golf d’Anjou : l’oasis de l’est

Sans vie, le quartier industriel d’Anjou ? Détrompez-vous : le parc-nature du Bois-d’Anjou et le terrain de golf adjacent forment une oasis d’environ 130 hectares qui recèle des trésors insoupçonnés de faune et de flore.

Lorsqu’on observe la carte de l’est de Montréal, les 40 hectares vert foncé du parc-nature du Bois-d’Anjou sautent aux yeux. Cette étendue boisée comprend des zones dominées par l’érable, d’autres par le chêne ou le frêne, et d’autres encore par le peuplier ou le tilleul. Le parc renferme aussi des marais, des marécages et trois ruisseaux. Ces habitats diversifiés abritent plus de 180 espèces végétales, dont deux commandent une attention toute particulière : le chêne bicolore et le noyer cendré. Le premier figure sur la liste québécoise des espèces « susceptibles d’être menacées ou vulnérables »; le second est considéré « en voie de disparition » au Canada.

Les habitats variés du parc-nature sont propices à l’observation d’une faune tout aussi riche. Au printemps 2017, un inventaire a permis de dénombrer pas moins de 57 espèces d’oiseaux. En 2008, on y a recensé six espèces d’amphibiens et de reptiles. Ces inventaires permettent de constater qu’on se trouve ici en présence d’une espèce d’oiseau (quiscale rouilleux) et d’une espèce de reptile (couleuvre brune) susceptibles d'être désignées comme menacées ou vulnérables au Québec.

Situé au cœur d’une zone industrialisée et bordé de grands axes routiers, le précieux parc-nature subit plusieurs nuisances (bruit, pollution) qui affectent ses habitants – végétaux et animaux. Heureusement, le terrain de golf adjacent apporte ici un effet protecteur : agissant comme une « zone tampon », il permet de réduire le stress de la ville sur les écosystèmes du bois d’Anjou. Par ailleurs, la combinaison des milieux boisés du parc-nature et des milieux dégagés du golf explique la présence de certaines espèces animales observées au bois d’Anjou. C’est le cas notamment de la buse à épaulettes, de l’épervier de Cooper et de l’épervier brun, trois oiseaux de proie qui utilisent probablement le golf pour se nourrir et le parc-nature comme refuge.

En somme, il y a plus de vie qu’on serait porté à le croire dans le secteur industriel d’Anjou !

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