Pourquoi ralentir la vitesse à 30 km/h à Montréal ?

Entrevue avec Sylvanie Godillon, consultante chez 6t-bureau de recherche et chercheuse à l’INRS-Urbanisation Culture Société

 

En juillet dernier, la ville de Montréal a annoncé que la vitesse sur les rues locales, les zones scolaires et les rues commerciales seront limitées à 30 km/h en 2018. Constate-t-on des stratégies semblables dans d’autres villes?

À partir des années 1970, des critiques apparaissent en Europe face à des espaces de plus en plus aménagés pour la vitesse des automobiles. Dès lors, des mesures sont mises en place par les municipalités pour réduire cette vitesse. En 1992, Graz, une ville autrichienne de 300 000 habitants, généralise la vitesse à 30 km/h à l’exception des axes principaux. Dans les années 2000 et 2010, cette généralisation gagne du terrain dans les villes européennes (Bruxelles, Grenoble, Paris, etc.), mais aussi à Auckland en Nouvelle-Zélande et à Mexico.

Entre 2012 et 2014, nous avons accompagné la ville de Paris dans le cadre d’un projet de recherche financé par la Fondation Sécurité Routière (en France) pour analyser les évolutions des perceptions des usagers d’axes majeurs à Paris dont la vitesse a été réduite à 30 km/h. En s’appuyant sur 1 500 questionnaires et une quarantaine d’entrevues, les résultats ont démontré que la réduction de la vitesse d’une avenue commerciale très fréquentée améliorait la facilité des traversées pour les piétons.

 

Pourquoi baisser les vitesses ?

La modération de la vitesse permet une meilleure cohabitation des différents modes de transport et améliore la sécurité routière. Ainsi, en cas d’accident, 20 % des piétons survivent si le véhicule roule à 50 km/h, contre 90 % à 30 km/h. C’est également un outil pour réduire les usages de l’automobile.

 

Quels sont les défis?

Les défis sont principalement l’acceptation par les usagers de circuler à une vitesse inférieure à 30 km/h. Les réticences concernent les automobilistes, mais également les opérateurs de transports en commun ou les conducteurs de bus. Les défis sont aussi technologiques en ce qui concerne le bruit ou les émissions de polluants qui sont aujourd’hui importants lorsque nous circulons à 30 km/h.

 

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