Manque de vision pour le PMGMR 2015-2020, un simple report de l’atteinte des objectifs

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) élabore actuellement son nouveau (son deuxième) Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles (PMGMR) 2015-2020. En raison de l’importance et de l'impact qu’il aura sur l’environnement, la qualité de vie des citoyens et la mise en place des principes de développement durable pour les cinq prochaines années, les cinq Conseils régionaux de l’environnement (CRE) de la région métropolitaine ont déposé et présenté un mémoire conjoint à la Commission de l’environnement de la CMM.

Il est incompréhensible de lire dans le projet de PMGMR que les échéances pour atteindre les objectifs édictés par la Politique québécoise y sont tout simplement retardées de 10 ans. Non seulement le document ne dresse pas la liste des causes du retard important accusé par l’ensemble des municipalités de la CMM, mais il décide qu’il faudra une décennie pour les atteindre. Le projet de PMGMR n’envisage même pas de dépasser ces objectifs qui auraient dû être atteint cette année. Un manque de vision et d’ambition sans aucun doute.

Pourtant, il s’avère déjà plus rentable pour les municipalités de recycler plutôt que d’enfouir ; on est donc devant la volonté exprimée de continuer à gaspiller ressources et argents publics. Pour les matières organiques, malgré les engagements gouvernementaux d’investir dans des infrastructures de traitement, les installations tardent à se mettre en place et l’annonce de reporter à fin 2022 leur mise en oeuvre ne fait que donner plus de temps aux municipalités pour en faire un peu mais pas trop.

Si beaucoup de décisions relèvent du gouvernement du Québec, il y en a aussi un grand nombre qui sont du ressort des municipalités. Notre mémoire dresse une liste d’actions possibles et indispensables pour faire avancer ce grand dossier mal aimé.

Montréal vient tout juste de dévoiler son Portrait 2014 des matières résiduelles de l’agglomération qui révèle que les quantités de matières recyclables et compostables envoyées à l’enfouissement sont encore énormes. Comment se fait-il que, collectivement, nous continuions d’envoyer plus de 50% de ces matières remplir un trou pour construire une montagne alors que nous savons que la très grande majorité devrait prendre le chemin du réemploi et du recyclage ? Sans aucun doute, les mesures actuelles sont insuffisantes pour modifier cette route du gaspillage qui se chiffre en centaines de milliers de tonnes par an… de quoi remplir rapidement plusieurs trous !

Dans le cadre de la consultation sur  le projet de PMGMR, vous pouvez compléter le questionnaire en ligne jusqu’au 5 octobre.

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